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« Les compagnons de route du Cnam Bretagne »

Anciens auditeurs, enseignants, bénévoles, élus, partenaires sociaux, représentants d’organisations,… de nombreuses personnes en Bretagne se reconnaissant dans les valeurs portées par le Cnam.

Nous inaugurons cette série de témoignages avec M. Claude Saunier, ancien sénateur maire de Saint-Brieuc et aujourd’hui président de l’Association de Gestion du Cnam Bretagne.

 

M. Claude Saunier, quelle est à vos yeux la philosophie portée par le Cnam ?
La philosophie et l’histoire du Cnam s’inscrivent dans le grand mouvement philosophique des Lumières et les grandes réformes de la Révolution. Plus de deux siècles après la création du Conservatoire national des arts et métiers par l’abbé Grégoire, le Conventionnel, les grands principes qui ont fondé cet établissement sont encore pertinents et répondent aux besoins de notre époque. Rappelons ce choix philosophique : la Connaissance est un outil majeur de progrès pour l’humanité et doit être partagée par le plus grand nombre.

 

En quoi ces principes s’inscrivent-ils dans notre époque ?
Ces références sont plus que jamais d’actualité, singulièrement dans la construction d’une issue positive à la crise que nous connaissons. Ce que nous vivons est plus qu’une simple crise sanitaire : elle débouche sur une crise économique, sociale, culturelle, provoque la mise en cause du mode de fonctionnement de nos sociétés. Le monde que nous connaissions jusqu’à présent devrait s’en trouver sensiblement modifié. Le début de ce XXI° siècle devient une période historique charnière : soit la société est capable d’anticiper les évolutions et progresse, soit elle les subit et régresse. L’éducation et la formation seront déterminantes dans cette adaptation. De ce point de vue, le Cnam, instrument de production et de diffusion de la connaissance, est un outil plus que jamais pertinent au service de la société.

 

Le Cnam n’est pas le seul organisme de formation, quelle est sa spécificité ?
Par son histoire, il bénéficie d’une expertise particulièrement adaptée aux circonstances. Tout d’abord, le Cnam a fait le choix de dispenser la connaissance à tous les âges de la vie avec des pratiques pédagogiques spécifiques, adaptées à cette mission. Au cours des dernières décennies, il a su, très tôt, utiliser les techniques du numérique en les conjuguant avec l’accompagnement individuel, indispensable. En second lieu, le Cnam peut proposer une approche pédagogique qui répond aux attentes des personnes à la recherche d’une nouvelle voie professionnelle dans le cadre du droit à la formation tout au long de la vie. Cette démarche correspond parfaitement à la problématique de la seconde chance offerte à de jeunes décrocheurs du système éducatif traditionnel. Il leur propose une pédagogie originale, la pédagogie du projet, fondée sur le principe de l’alternance entre la découverte de compétences nécessaires en entreprise et l’acquisition de connaissances plus théoriques. J’ajoute une spécificité particulière, qui résulte de la conjugaison des compétences et de la notoriété de l’Etablissement Public, national, et de l’ancrage territorial au travers des associations régionales de gestion. Par ailleurs nous prouvons en permanence notre capacité à nouer des partenariats indispensables avec les acteurs de l’éducation, de la formation et de la recherche.

 

Comment le Cnam définit-il le contenu de ses formations ?
Le statut et les pratiques pédagogiques du Cnam, la compétence reconnue de ses experts dans des multiples domaines lui offrent la liberté de définir par lui-même le montage de nouvelles formations, cela dans des délais rapides. En Bretagne, notre équipe a illustré cette capacité d’adaptation en nous engageant au-delà de nos métiers traditionnels. Ainsi le Cnam Bretagne est devenu le siège d’un pôle national de formation en cybersécurité en partenariat avec les ministères en charge de la sécurité et de la défense. Nous avons également contribué à créer l’Institut National Supérieur de l’Education Artistique et Culturelle (INSEAC) à Guingamp. Nous construisons actuellement une réponse aux attentes de la société et de l’économie, avec une formation qui fait le lien entre l’agriculture, l’agroalimentaire, l’environnement et les technologies numériques.

 

Quel est l’apport de l’AGCnam dans ce cadre ?
Le modèle de fonctionnement du Cnam explique son agilité. Il associe la compétence de scientifiques, de pédagogues, de salariés permanents, à la capacité d’écoute des exigences du terrain. De fait, l’AGCnam, Association de Gestion du Cnam, rassemble des représentants du monde de l’éducation et de la recherche, du secteur économique, des syndicats, des salariés, des élus... Cette synergie entre des professionnels de la formation et les forces vives du territoire donne au Cnam Bretagne la capacité d’être particulièrement au fait des besoins de la société, auxquels il peut répondre très rapidement. Sur cette base, nous avons instauré des relations de confiance et de soutien mutuel avec les collectivités territoriales, en particulier la Région. C’est un gage de pérennité et d’efficacité de nos actions.

 

Le Cnam Bretagne voit croître régulièrement le nombre de ses auditeurs, comment l’expliquez-vous ?
D’abord, par la qualité des enseignants et la dynamique des équipes du CNAM. Je salue en particulier l’engagement des permanents coordonnés par Laurent Buchon. Mais nous bénéficions également d’une particularité : la Bretagne est une terre où culturellement et historiquement, existe une appétence pour le savoir, l’éducation et la formation. La population de notre région engage depuis longtemps une énergie forte dans la recherche de la connaissance. Par ailleurs, la crise actuelle a mis en évidence la nécessité d’aménager le territoire et les vertus de la proximité. Le Cnam Bretagne avait déjà compris cet impératif. C’est pourquoi il a établi des antennes non seulement dans les grandes villes, mais également dans les villes moyennes dont les habitants ont besoin de services de proximité, y compris en matière de formation de qualité.
Nous répondons ainsi aux attentes de nos concitoyens dans le cadre des missions qui nous sont confiées.

 

 

Propos recueillis par Véronique Rolland, journaliste

Posté le 09/06/2021